Fusions artistiques

Associons des poèmes à de grands classiques de jazz

Nous avons étudié quatre poèmes lors de notre séquence sur la poésie, voici à quelles musiques de jazz nous les avons associés et les raisons pour lesquelles nous avons fait ces choix :

Cauchemar, Paul Verlaine  /  Moanin', Charles Mingus

Pourquoi ce choix ?

"Le rythme fait penser aux claquements de son manteau à cause du vent", Clara

"Cela me fait penser à un film d'horreur, à un endroit bizarre...", Eymeric

"L'ambiance est mystérieuse", Drice

"On imagine le chevalier squelettique sur son cheval noir et rouge grâce à l'ambiance angoissante"

"On devine des cris, des bruits de porte...", Prescilia

"Les instruments jouent très vite, ça me donne l'impression que le cavalier avance sur son cheval", Laura

"Le tempo est rapide. C'est comme si quelqu'un chevauchait sur les plaines à toute vitesse", Nora

"J'entends à un moment le bruit d'un loup ou d'un monstre", Mohamed-Ali

"Le piano pourrait représenter le cavalier qui avance avec rapidité", Sarah

"Les instruments ont un effet glaçant", Lucas

Cauchemar

J'ai vu passer dans mon rêve
- Tel l'ouragan sur la grève, -
D'une main tenant un glaive
Et de l'autre un sablier, 
Ce cavalier

Des ballades d'Allemagne 
Qu'à travers ville et campagne, 
Et du fleuve à la montagne, 
Et des forêts au vallon, 
Un étalon

Rouge-flamme et noir d'ébène, 
Sans bride, ni mors, ni rêne, 
Ni hop ! ni cravache, entraîne 
Parmi des râlements sourds 
Toujours ! toujours !

Un grand feutre à longue plume
Ombrait son oeil qui s'allume 
Et s'éteint. Tel, dans la brume,
Éclate et meurt l'éclair bleu 
D'une arme à feu.

Comme l'aile d'une orfraie
Qu'un subit orage effraie,
Par l'air que la neige raie,
Son manteau se soulevant
Claquait au vent,

Et montrait d'un air de gloire 
Un torse d'ombre et d'ivoire, 
Tandis que dans la nuit noire 
Luisaient en des cris stridents 
Trente-deux dents.

Paul Verlaine


A une passante, Charles Baudelaire  /  Rhapsody in blue, George Gershwin

A une passante


La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, 
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !


Baudelaire, Les Fleurs du mal, 1857

Pourquoi ce choix ?

"On dirait qu'il a flashé sur elle, puis tout à coup elle s'en va sans lui adresser un mot. Il reste figé", Carlyssa

"Au début du morceau, j'imagine la démarche  de la femme", Semsinur

"Le son monte et descend en puissance, on dirait une course-poursuite dans la rue", Steven

"J'entends l'homme qui appelle une femme. Il est tombé sous son charme. Il la suit partout dans toute la ville", Kenza

"Au début, la musique me fait penser à une femme séduisante qui passe dans la rue. Il était sous le charme mais il est bloqué par la foule", Anne-Claire

"La musique est parfois mélancolique ce qui me fait penser à quelqu'un de malheureux, comme cet homme quand la femme qu'il aime part sans se soucier de lui", Nora


L'Etrangère, Louis Aragon  /  Minor Swing, Django Reinhardt

Pourquoi ce choix ?

"On peut s'imaginer des gens insouciants en train de danser, de s'amuser en toute liberté", Eva

"Je trouve que ça fait danser, comme dans le texte", Clara

"A la fin, la musique devient plus lente et moins forte pour montrer le caractère éphémère de l'amour", Anne-Claire

"La musique est très joyeuse, entraînante, ce qui me fait penser qu'on pourrait la jouer dans la rue", Laura

"Le rythme est joyeux et dynamique, comme si quelqu'un tombait amoureux", Nora

"Cette musique est du jazz manouche et le titre L'Etrangère fait penser à une personne qui arrive d'un autre pays", Mohamed-Ali

"La musique est rythmée pour montrer l'insouciance de la jeunesse", Noémie L.

"J'imagine un voyage", Hugo



L'Etrangère

Il existe près des écluses 
Un bas quartier de bohémiens 
Dont la belle jeunesse s'use 
À démêler le tien du mien 
En bande on s'y rend en voiture, 
Ordinairement au mois d'août, 
Ils disent la bonne aventure 
Pour des piments et du vin doux.


On passe la nuit claire à boire 
On danse en frappant dans ses mains, 
On n'a pas le temps de le croire 
Il fait grand jour et c'est demain. 
On revient d'une seule traite 
Gais, sans un sou, vaguement gris, 
Avec des fleurs plein les charrettes 
Son destin dans la paume écrit.


J'ai pris la main d'une éphémère 
Qui m'a suivi dans ma maison 
Elle avait des yeux d'outremer 
Elle en montrait la déraison. 
Elle avait la marche légère 
Et de longues jambes de faon, 
J'aimais déjà les étrangères 
Quand j'étais un petit enfant !


Celle-ci parla vite vite 
De l'odeur des magnolias, 
Sa robe tomba tout de suite 
Quand ma hâte la délia. 
En ce temps-là, j'étais crédule 
Un mot m'était promission, 
Et je prenais les campanules 
Pour des fleurs de la passion.


À chaque fois tout recommence 
Toute musique me saisit, 
Et la plus banale romance 
M'est éternelle poésie 
Nous avions joué de notre âme 
Un long jour, une courte nuit, 
Puis au matin : "Bonsoir madame" 
L'amour s'achève avec la pluie.

Louis Aragon


Hier au soir, Victor Hugo  /  Summertime, Miles Davis

Hier au soir

Hier, le vent du soir, dont le souffle caresse,
Nous apportait l'odeur des fleurs qui s'ouvrent tard ;
La nuit tombait ; l'oiseau dormait dans l'ombre épaisse.
Le printemps embaumait, moins que votre jeunesse ;
Les astres rayonnaient, moins que votre regard.


Moi, je parlais tout bas. C'est l'heure solennelle
Où l'âme aime à chanter son hymne le plus doux.
Voyant la nuit si pure et vous voyant si belle,
J'ai dit aux astres d'or : Versez le ciel sur elle !
Et j'ai dit à vos yeux : Versez l'amour sur nous !

Victor Hugo

Pourquoi ce choix ?


"La musique de fond pourrait faire penser au vent", Eva

"C'est calme, paisible et les instruments sont assez doux ; on se croirait en pleine nuit avec une petite brise de vent", Emma

"La musique est reposante, apaisante", Evan

"C'est une musique romantique ; on dirait un tête à tête avec la personne qu'on aime un soir de printemps", Lucas

"Cela me fait penser à une balade dans la forêt au milieu des fleurs", Noémie M.

"La musique est calme, comme le vent du soir qui vient nous caresser la joue puis passe pour nous embaûmer d'une douce odeur de fleurs", Sarah

"Le thème me fait penser au vent, la trompette m'inspire des fleurs qui dansent", Mohamed-Ali

"Je m'imagine la nuit avec une légère brume", Kenza

© 2016 les 4èmeG / On se croirait à la Nouvelle Orléans, non?
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